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Des personnages qui remplissent notre vie

Certains personnages de romans et de films laissent sur nous une empreinte si durable qu’ils survivent à la conclusion de leurs aventures. Tintin (de Hergé), l’inspecteur Maigret (de Simenon), le commandant Ripley (d’Alan Dean Foster, auteur d’Alien) et Sophie (de Louise Leblanc) sont des acteurs de la littérature qui ont réussi à susciter l’attente d’une nouvelle rencontre.

Contrairement au personnage qui éclate à l’écran, l’être qui évolue sur le papier n’est pas livré dans un emballage préconçu. Ce travail de caractérisation, l’auteur doit l’accomplir à force de descriptions et de mises en situation, engageant le lecteur dans la création d’images mentales. Une fois que les indices sont semés, les personnages germent et prennent forme.

Comme l’explique Jean-Paul Sartre dans son ouvrage L’Imaginaire, publié en 1940, la conscience humaine a la possibilité de se donner un objet absent. Chacun de nous s’adonne à la représentation mentale, l’imagination se situant à mi-chemin entre la pensée intellectuelle et la pensée affective. Il suffit que tu penses à auto, à sandwich aux tomates, à table ou à… ton meilleur ami, pour que l’image de l’objet surgisse rapidement, n’est-ce pas? Comme l’imaginaire foisonne de ces images, l’auteur habile amène le lecteur à y puiser abondamment.

Mais qu’est-ce qui fait que la présence d’un personnage subsiste, même après la dernière séquence d’un film ou la dernière page d’un livre?

Un personnage durable est doué d’une personnalité forte et authentique, il a de l’envergure et il est vraisemblable. Son créateur lui a donné à la fois du relief et de la profondeur. Souvent, le personnage nous marque parce que nous pouvons soit nous identifier à lui, soit nous en dissocier. L’identification est aussi un réflexe acquis depuis notre petite enfance.

Méfie-toi néanmoins des stéréotypes et des clichés. Les héros sont galvaudés à outrance, les méchants trop souvent prévisibles. Un personnage situé dans le camp des « bons » n’est jamais totalement bon. Tout être humain est habité de nuances qui font la richesse de son caractère.


Quelques pistes pour camper un personnage

À l’exemple d’un être humain, un personnage de roman n’est pas simple, à plus forte raison s’il s’agit d’un être psychologiquement troublé. L’étude des caractères, ou caractérologie, est une science inexacte qui cherche encore à établir ses fondements. Pour analyser des caractères, les psychologues procèdent à l’observation directe et à des tests, certains sous forme de questionnaire. Rien ne t’empêche de faire la même chose.

Le célèbre psychiatre et philosophe Carl Yung avait établi une caractérologie sommaire selon laquelle il existe des êtres dont l’énergie est tournée vers le monde extérieur (les extravertis qui sont sociables et recherchent les échanges avec les autres) et des êtres dont l’énergie est tournée vers le monde intérieur (les introvertis qui sont réservés et confortables dans leur repli).

Ton entourage est évidemment une puissante source d’inspiration. Un personnage fictif vraisemblable est, somme toute, quelqu’un que l’on peut reconnaître dans la vie de tous les jours.

Tu as déjà entendu la phrase « Tu es unique au monde ». Bien que cela fasse cliché, c’est la pure vérité, et pour le voisin aussi. Au départ, tes particularités génétiques font que, de toute façon, le moule a été cassé après toi. Alors imagine qu’à cela s’ajoute ton bagage : le milieu, l’éducation, le vécu et les réalisations. Même ton clone ne te ressemblerait qu’à moitié, faute de n’avoir pas suivi la même route que toi.

Étoffe la personnalité des acteurs de tes histoires en étudiant la réalité, mais aussi en te renseignant auprès de diverses sources : les guides de psychologie, les livres consacrés à la personnalité des prénoms, les biographies. Observe, interroge et pose-toi beaucoup de questions.

 

 

 

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